Nos communiqués

  • mai
    08
    21

    « Un jour un chasseur » : des ruraux s’expriment sur l’insécurité


    En décembre 2020, le RAC adressait une pensée à Morgan Keane tué le 2 décembre 2020 à l’âge de 25 ans par la chasse.

    Depuis, six jeunes femmes originaires du Lot et proches de Morgan ont monté un collectif intitulé « Un jour un chasseur » qui compile des témoignages sur la violence de la chasse en France. Un jour un chasseur – Accueil | Facebook. Ces témoignages mettent en évidence une insécurité généralisée dans les territoires ruraux français. Loin d’être marginales, les violences ou intimidations liées à cette activité de divertissement sont récurrentes. Les comportements agressifs sont incorporés, institutionnalisés.

    Le collectif « Un jour un chasseur » élabore des revendications que vous pouvez retrouver dans une pétition récente : Pétition · Emmanuel Macron: Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! #unjourunchasseur · Change.org.  Nous vous encourageons à la consulter.

     

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  • avril
    20
    21

    Soutenons Catherine Le Troquier Maire de Valaire qui lutte contre les déterreurs de blaireaux


    Bonjour à vous,
    Voici des nouvelles de Valaire, petite commune du Loir et Cher. Nous sommes menacés d’une battue aux blaireaux par un Préfet prochasse qui souhaite nous museler. Il propose de surcroit la période complémentaire de déterrage. Nous allons contrer son arrêté, mais pour cela nous avons besoin d’être aidé financièrement. Voici en pièce jointe notre tribune. Elle donne de nombreux liens qui renvoient à  divers documents, dont la consultation publique et la cagnotte. Il faut indiquer que pour que ces liens soient actifs, il faut télécharger La Tribune.
    Pouvez-vous :
    – diffuser cette tribune à vos adhérents ou amis.
    – bientôt une pétition sera en ligne sur la page du comité de soutien dont je donne le lien plus bas. Merci de la relayer !
     
    Pouvez-vous diffuser le lien de notre cagnotte. Nous devons trouver plus de 8 000 euros, dont 4 500 avant le 26 avril, pour pouvoir contrer cet arrêté et nous défendre contre la menace de battue administrative ! Le projet d’arrêté du Préfet est tout-à-fait contestable, nous pouvons gagner ! Chaque département gagné est une étape vers la disparition de cette barbarie ! : https://www.helloasso.com/associations/meles/collectes/cagnotte-pour-defendre-les-blaireaux-de-valaire-et-du-loir-et-cher
     
    Répondez si vous pouvez à la consultation publique pour la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau en Loir et Cher en 2021 : https://www.loir-et-cher.gouv.fr/Publications/Publications-legales/Participation-du-public/Consultations-2021/Periode-complementaire-de-venerie-sous-terre-du-blaireau-en-Loir-et-Cher-en-2021?fbclid=IwAR1v54BdgfZwLcaOml18x1dIgHSYOlhCMo_kNTwUcdfsboykfqRsvOWcdSQ
     
    En pièce jointe, La Tribune et voici le lien de notre comité de soutien : https://www.facebook.com/SoutienValaire/?view_public_for=100142535307022
    Merci pour votre aide !
    Annexes disponibles :
    • Consultation publique
    • Lettre du Préfet à la maire de Valaire Contre argumentation à la menace de battue adminstrative à Valaire
    • L’expérience du Bas-Rhin
    • Règlementations, recommandations
    • Les jurisprudences
    • Les soutiens des élus
    • Les soutiens des associations
    • Le comité de soutien
    • Cagnotte et Facebook Comité de soutien

    ▶ Pour avis : Une première en France 
    « À l’été 2019, Catherine Le Troquier, Maire de Valaire a pris un arrêté pour interdire la vénerie sous terre dans sa commune du Loir-et-Cher […] 
    Elle fait partie des maires précurseurs qui dénoncent les méthodes barbares et cruelles sur la faune sauvage, les atteintes à la biodiversité :
    Elle dit non au déterrage des blaireaux, à la « chasse de loisir, inutile, cruelle et contre-productive » (La Nouvelle République).
    « Elle  dénonce depuis 2 ans une pratique qu’elle déclare « contraire à la Convention de Berne, au Code de l’environnement et aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ».
    Depuis, d’autres maires ont voté le vœu de l’abolition de la vénerie sous terre »…
    Extrait : « Le préfet menace d’une battue administrative la blaireautière de Valaire suite à la réclamation d’un retraité du tertiaire, gros propriétaire à Valaire, qui déclare en 2020 des dégâts de blaireaux sur sa culture de maïs nouvellement plantée près du bois communal et qui refuse les mesures préventives. Ce retraité, soutenu par la FDC et la FNSEA, se plaint au préfet du refus du Conseil municipal de Valaire de l’indemniser […] Une procédure contradictoire est en cours entre les 2 assurances mais le préfet, sans attendre, a pris une décision de battue administrative pour le printemps 2021 si ce retraité faisait une nouvelle déclaration de dégâts. L’assurance de la commune a confirmé, après expertise contradictoire, l’absence de responsabilité de Valaire dans les dégâts de maïs du retraité et, si besoin, défendra son assurée, en procédure contentieuse. Le préfet avait initialement prévue une battue administrative par déterrage, modifiée au dernier moment par le sous-préfet en battue par tir. Or, cette procédure est contraire à la Convention de Berne et au Code de l’Environnement, elle est injustifiée et injustifiable […] Le nouveau préfet a, dès son arrivée, annoncé dans la presse, son amour de la chasse et son désir d’être invité à une partie de chasse ! Comment peut-il être objectif dans ce domaine ? Il a par ailleurs, annoncé qu’il maintiendrait son arrêté autorisant la période complémentaire de vénerie sous terre tant qu’un juge administratif ne l’interdirait pas, puisque les recours engagés par 4 associations contre l’arrêté de 2020 sont encore en cours ! Il annonce donc, maintenir le massacre des blaireautins […] » [Tribune en soutien à Valaire contre la vénerie sous terre du blaireau]
     
    « Si la procédure prend son temps, la maire de Valaire voit le nombre de ses soutiens monter en flèche :
    personnalités scientifiques, politiques, défenseurs des animaux…
    Ils attendent désormais l’issue de débats au terme desquels on saura si le maire a le pouvoir d’interdire un mode de chasse, ou si cette compétence est réservée au préfet.
    La voie ouverte à une jurisprudence qui aurait assurément des conséquences larges » (La Nouvelle République).

    Aujourd’hui, elle demande votre aide. Vous trouverez son message ci-dessous et en pièces jointes, ainsi qu’une consultation publique pour la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau en Loir et Cher en 2021, à laquelle elle vous invite à répondre.
    Certains diront que ce n’est pas la priorité.
    Mais les événements depuis un an, démontrent que les atteintes à la biodiversité ont un impact sur la crise sanitaire, et donc sur tout un chacun.
    Merci de votre attention pour faire avancer ce dossier, car d’autres communes sont aussi concernées, et de bien vouloir relayer cet appel à vos réseaux.

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  • avril
    10
    21

    Loups un mythe vivant


    Un ouvrage de Pierre Rigaux sur le loup, à commander dans votre librairie préférée

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  • avril
    09
    21

    La chasse n’est pas fermée pour tout le monde


    Il semble qu’il soit de plus en plus difficile pour les passionnés de la mise à mort de « raccrocher » leurs outillages et panoplies de tueurs.

    La passion selon saint hubert entend de moins en moins laisser la nature tranquille… Bien des témoignages nous arrivent qui s’étonnent, alors que la « période de chasse » est fermée, de constater la présence des hommes armés et prêts à en découdre autour de chez eux.

    Les préfets donneraient des dérogations à ces chasseurs, afin… qu’ils ne les perturbent pas dans leur mission de maintien de l’ordre public.

    Rien à voir sans doute avec la nature et sa protection.

    Mais les préfets, qui sont des fonctionnaires de police et de l’ordre public, ne font pas plus cas de la nature et de sa protection que les politiques qui les nomment.

    La population ne doit compter que sur elle même.

    C’est elle qui peut libérer son environnement de ce fléau.

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  • mars
    04
    21

    La chasse et l’écologie… Décidément c’est bien l’un sans l’autre


    Une vidéo assez consternante où l’on voit Thierry Coste lobbyiste de la FNC embrasser le Président de la République lequel se vantera face à l’assemblée de son mépris pour l’écologie
    https://fb.watch/40pBAUU00A/

    Nous avons reçu via une liste de diffusion ce message :
    Lu dans un doc de l’académie de médecine sur les zoonoses animales (source à confirmer):
    “D’autre part, le courant écologique prônant, en particulier, la protection de certains mammifères sauvages a eu, pour conséquence, d’entraîner des sur-populations d’animaux tels sangliers ou lièvres, favorisant les contacts auprès d’autres espèces dont les truies élevées en plein air. »

    Ce n’est pas rassurant sachant que ces messieurs (il y a sans doute peu de femmes dans ce genre de congrégation…) décident de la pluie et du beau temps en terme de santé collective… D’ailleurs n’ont-ils pas commis de nombreuses erreurs par le passé qui ne leur ont jamais été reprochées…
    L’académie de médecine s’y connaît peut être dans le domaine médical (…?), mais on voit que l’on peut être soit disant expert dans un domaine (sachant qu’il y aurait parfois à dire sur cette expertise, connaissant les conflits d’intérêts qui peuvent la parcourir…) et être totalement ignare dans un autre, pire même véhiculer et affirmer des contre vérités… Ce qui représente une tromperie et un abus de confiance lorsque c’est affirmé au nom de sa « préscience »…

    Sachant donc que la population de sangliers a été volontairement multipliée par 15 en 45 ans et que cette surpopulation est entretenue afin de pérenniser la chasse business, par ailleurs que les truies élevées en plein air représentent moins de 1 % des élevages de porcs, que la population de lièvres est exsangue (après avoir largement contribué avec le concours de l’agriculture intensive à l’éradication des souches naturelles de lièvres, ils ont fait venir des animaux des pays de l’Est, qui sont venus avec une maladie, la Tularémie, laquelle a été transmise aux animaux d’élevages, devenus foyers actifs et maintenant les chasseurs se présentent comme de débonnaires protecteurs de la population en avertissant des risques de cette maladie transmissible à l’homme), bref l’académie de médecine ne s’honore pas, et l’on pourrait penser à son sujet à l’adage, « quand le sage désigne la lune l’idiot regarde le doigt »…

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  • mars
    01
    21

    Un sanglier apprivoisé tué… L’indignation est générale


    Les réactions sont vives suite à la vidéo montrant un sanglier apprivoisé tué par un chasseur.
    Même certains chasseurs se sont montrés choqués…
    Curieux lorsque l’on sait qu’ils tuent de la même manière, pas moins de 800 000 sangliers cette « saison », au nom de cette imposture qu’est la régulation par la chasse.
    Les coeurs se serrent toutefois, à juste titre, car la réalité est montrée, et cette réalité est dérangeante et choquante lorsqu’elle est mise au jour.
    Elle est exacerbée par cette proximité que donne l’apprivoisement, mais pourtant chaque sanglier traqué et tué a ces dispositions affectives, ne nous y trompons pas.
    Espérons que cette mort servira à faire évoluer les consciences vers la volonté d’établir un rapport pacifié avec l’animal sauvage.

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  • février
    19
    21

    AVA souffre : La tension agressive et violente monte de façon inquiétante


    Il est important que cette vidéo soit vue et diffusée, car il semble que l’on soit confronté à une montée de tension d’agressivité et de violence.

    AVA est en première ligne, les militants font face à une pression extrêmement inquiétante, faisons ce que nous pouvons pour les soutenir.

    https://www.facebook.com/avafranceofficiel/videos/179897480228852

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  • février
    03
    21

    Les militants font face au déferlement de la cruauté, aux pratiques suicidaires pour la biodiversité, le monde animal et l’humanité, quelques députés conservateurs veulent les criminaliser…


     

     

    Témoignage de Lamya Essemlali Présidente de Sea Sepherd France

    Nous sommes retenus par la police depuis maintenant plus de deux heures. Notre équipe est encerclée par 25 policiers (et la section BRAV/M Brigade de Répression de l’Action Violente Motorisée, ce qui en dit long sur cette volonté de faire passer des actions non violentes pour des agressions…) qui nous interdisent de sortir du cercle. Nous attendons toujours de savoir si nous allons être placés en garde à vue. Pendant ce temps l’observatoire scientifique Pelagis indique qu’ils n’ont jamais eu à autopsier autant de dauphins 80 sur la seule journée d’aujourd’hui !!

    Abolissons la Vènerie Aujourd’hui (AVA) est sur le terrain chaque semaine pour suivre les chasses à courre. Leur seule présence, leur pratique consistant à filmer la réalité de cette barbarie gène les veneurs et leurs sympathisants.
    AVA France « 2021, EN FINIR AVEC LA CHASSE A COURRE »
    SIGNEZ L’APPEL SUR www.ava-france.org/en-finir

    En ce début d’année mouvementé, nous lançons un appel, cosigné par des parlementaires de divers bords, des artistes, des élus locaux des campagnes comme des villes, des citoyens de tous horizons.

    En 2021, la chasse à courre, ses meutes de chiens lâchées dans la nature, ses valets et ses épieux existent toujours dans nos campagnes.

    Est-ce à cela que ressemble le XXIe siècle ?
    Rien que depuis la rentrée 2020, les associations ont pu recenser pas moins de vingt incidents graves de ce type !

    À l’heure où, portés par la science et l’urgence d’un désastre sanitaire de grande ampleur, nous questionnons notre rapport à la vie sauvage ; vingt-cinq ans après le « rapport Bateson », qui prouvait déjà grâce à des analyses biologiques à quel point la souffrance et la terreur vécues par les proies de ces chasses sont injustifiables ; quelques jours après un incident qui nous place à nouveau face à cette question, plus rien ne doit entraver notre avancée.

    Le mouvement d’opposition à la chasse à courre tel qui existe aujourd’hui est un exemple d’écologie populaire pour notre siècle : les Français les plus touchés prennent les choses en main et poussent pour une solution démocratique.

    Nous, signataires de cette tribune, membres de la société civile, élus, citoyens, appelons à soutenir cette aspiration légitime !
    VOUS AUSSI, JOIGNEZ-VOUS À L’APPEL SUR :
    www.ava-france.org/en-finir
    Le texte publié sous forme de tribune dans le Courrier Picard :
    https://www.courrier-picard.fr/…/2021-en-finir-avec-la…

    Et pendant ce temps quelques députés conservateurs, en pleine crise sanitaire, sociale et économique cherchent à les criminaliser…
    natureiciailleurs.over-blog.com/2021/02/le-rapport-parlementaire-qui-veut-mettre-les-militants-ecologistes-en-prison.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

    Enfin pour finir un peu de réconfort « dans ce monde de brutes »…
    https://https://youtu.be/HEi4ulpUrAM

    Si vous voulez soutenir le formidable engagement de Virginie n’hésitez pas à visiter le site Internet de son association : www.meles.fr

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  • janvier
    21
    21

    L’étonnant « hommage » au cerf poursuivi à Chantilly


    Karima Delli, députée européenne écologiste viendra ce jeudi déposer un bouquet de fleurs en hommage au cerf poursuivi la semaine passée. L’élue souhaite aussi lancer un référendum régional contre la chasse à courre.

    « Un hommage au cerf inconnu ». Ce sera l’objet du déplacement de la députée européenne Karima Delli (EELV) ce jeudi matin à Chantilly. L’élue compte déposer symboliquement un bouquet de fleurs en gare de Chantilly, pour l’animal qui s’était réfugié sur les voies le mardi 12 janvier après-midi, après avoir été poursuivi par un équipage de chasse à courre. Un incident qui avait entraîné la coupure totale du trafic ferroviaire pendant trois heures entre Paris et Creil, le temps pour les forces de l’ordre d’endormir l’animal et de veiller à son retour en forêt.
    https://www.bfmtv.com/animaux/chasse-a-courre-une-deputee-ecologiste-rendra-hommage-au-cerf-traque-jusqu-a-la-gare-de-chantilly-dans-l-oise_AN-202101200414.html

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  • janvier
    09
    21

    Les sadiques du jour en action


    https://reporterre.net/Des-chasseurs-massacrent-sadiquement-des-sangliers-a-l-arme-blanche?fbclid=IwAR3VAimorVIWSlX7dEFMGCIGN5NsB31XwKdytzq4ZZDTBQvwM47yOxwTD0I 

    Des chasseurs massacrent sadiquement des sangliers à l’arme blanche


    Pierre Rigaux

    Sous couvert d’achever les sangliers blessés, des tueries sadiques à l’arme blanche sont organisées par des chasseurs, comme le montre une vidéo presque insoutenable. Ils agissent sous couvert d’une réglementation laxiste, explique l’auteur de cette tribune, qui appelle à étendre la loi punissant la cruauté aux animaux sauvages.

     

    Pierre Rigaux est naturaliste, spécialiste des mammifères, et membre de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et de Cap loup.

     


    Pierre Rigaux. 
    Des sangliers traversés par des épieux, lacérés par des coups de dagues et autres couteaux, déchiquetés vivants par des chiens et agonisant lentement en hurlant : c’est ce qu’on peut voir dans les images que nous avons pu obtenir grâce à un lanceur d’alerte infiltré dans le milieu de la chasse. Ce sont le plus souvent les chasseurs eux-mêmes qui ont filmé leurs exploits et en ont fait profiter leurs amis. Ces images datent de 2018 à 2020 et proviennent de Nouvelle-Aquitaine, d’Occitanie, de Bourgogne-Franche-Comté, des Hauts-de-France, de Corse… La vidéo de douze minutes que nous diffusons (voir ci-dessous) enchaîne, les uns après les autres, vingt-deux actes de sévices et cruauté pratiqués par des chasseurs différents, de tous âges, montrant qu’il ne s’agit pas de cas isolés mais d’une pratique banale dans le milieu de la chasse aux sangliers.

    Les chasseurs qu’on y voit ne se contentent pas de faire souffrir longuement les animaux. Ils s’en amusent. Ils rient, plaisantent, encouragent leurs chiens à infliger des dizaines ou des centaines de morsures aux sangliers en sang. Les épieux, ces lames montées au bout de longs manches métalliques, sont enfoncés de bon cœur. Une vraie corrida. Un sanglier crache du sang, comme un taureau dans l’arène. Ici, un chasseur laisse un couteau planté dans l’animal vivant ; là, un autre fait une blague douteuse sur le sanglier « aussi coriace que [sa] belle-mère », car l’agonie de l’animal sous la dague fut, comme presque toujours, très longue.

    Avant que le chasseur dégaine sa lame, le sanglier n’a déjà plus aucune chance de s’en sortir

    Cette forme de chasse repose sur ce que les chasseurs appellent « le ferme ». Ce terme désigne le moment où l’animal acculé ne peut plus s’enfuir et fait face pour tenter de sauver sa vie. C’est là qu’il y a subtilité réglementaire. L’utilisation des armes blanches n’est pas considérée par la loi comme un acte de chasse — entre parenthèses, elle ne nécessite donc pas de posséder le permis. Il s’agit officiellement d’un moyen d’achever un animal déjà mortellement blessé par un tir ou « aux abois », qui ne peut plus s’enfuir.

    Comme à la chasse à courre ? À la différence près que celle-ci se fait sans fusil avant l’hallali — le nom folklorique du « ferme ». Dans la chasse ordinaire, l’animal peut recevoir des balles tout au long de la partie. Les chasseurs n’étant pas des tireurs d’élite, car la très succincte formation au permis de chasse ne leur apporte pas de compétence en la matière, nombreux sont les animaux seulement blessés. Alors le législateur prévoit qu’on puisse utiliser des armes blanches en dernier recours si les malheureux sont rattrapés, pour qu’ils ne souffrent pas trop longtemps.

    • La chasse à l’épieu (attention, certaines de ces images sont insoutenables)

    Dans les faits, l’utilisation des épieux, dagues et couteaux est recherchée par une partie des chasseurs, amateurs de meutes de chiens spécialisés, de sensations fortes et de corps à corps avec la bête. Un rapprochement sans trop de risque pour l’homme, dans la mesure où la proie est le plus souvent déjà blessée et très affaiblie par une longue poursuite, par un ou plusieurs tirs et par les crocs d’une dizaine de chiens. Avant que le chasseur dégaine sa lame, le sanglier n’a déjà plus aucune chance de s’en sortir. Les pratiquants organisent leurs parties pour aboutir à ce moment considéré de bravoure pour les héros d’un jour, félicités par leurs camarades pour avoir terrassé l’animal.

    Les scènes d’horreur absolue sont l’ordinaire de la chasse en France

    Interrogé par France Inter en réaction à ces images, le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, considère que les pratiques en question sont « dans l’éthique normale de la chasse et du respect du vivant ». Il veut dire par là que, dans leur grandeur d’âme, les chasseurs abrègent les souffrances d’animaux blessés. Sans se demander pourquoi ils sont si nombreux. La réponse lui serait déplaisante : parce que les chasseurs sont incompétents et qu’en autorisant un million d’amateurs très mal formés à pratiquer un jeu basé sur la mise à mort dans la nature avec une arme à feu, les dommages collatéraux sont nécessairement gigantesques. Et l’autorisation des armes blanches dans les sous-bois, en toute discrétion, là où aucun agent de l’État n’ira vérifier pourquoi untel sort son épieu, permet la satisfaction de tous les sadismes ailleurs réprimés.

    En reconnaissant la normalité des images que nous diffusons, le président des chasseurs confirme surtout que les scènes d’horreur absolue sont l’ordinaire de la chasse en France — c’est mon seul point d’accord avec lui ; pour le respect du vivant, on repassera… quand respecter ne sera plus confondu avec torturer, quand notre société n’acceptera plus qu’on puisse infliger des sévices à des animaux. Elle ne l’accepte théoriquement pas, s’agissant de certains d’entre eux. L’article 521-1 du Code pénal punit en effet de deux ans de prison et 30.000 € d’amende le fait d’exercer des sévices graves ou des actes de cruauté, mais ceci ne concerne que les « animaux domestiques ou apprivoisés ou tenus en captivité ». Nous proposons que ce délit soit élargi à l’ensemble des animaux dits sentients, qu’ils soient sauvages ou domestiques, libres ou non. Tous ressentent également la souffrance et rien n’impose de leur infliger gratuitement des sévices, en plus de les tuer. 7 janvier 2021

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